Les fiches techniques des films pour vitrages comportent de nombreuses valeurs : transmission lumineuse, rejet solaire, réflexion, absorption, infrarouges, UV, valeur g, coefficient U…
Ces données permettent de comparer objectivement les performances d’un film, mais encore faut-il comprendre ce qu’elles représentent.
Un pourcentage élevé n’est d’ailleurs pas systématiquement synonyme de meilleur produit. Le choix dépend avant tout du résultat recherché : réduire la chaleur, conserver la lumière naturelle, limiter l’éblouissement, protéger des UV, améliorer l’isolation ou préserver l’esthétique du vitrage.
Sommaire
La transmission de lumière visible indique la proportion de lumière qui traverse le vitrage après application du film.
Elle est exprimée en pourcentage.
Une transmission lumineuse élevée permet de conserver davantage de lumière naturelle. À l’inverse, une valeur faible correspond généralement à un vitrage plus sombre.
Par exemple, une transmission lumineuse de 68 % signifie que 68 % de la lumière visible considérée dans la mesure traverse le système vitrage + film.
Une transmission faible n’est pas nécessairement un défaut. Elle peut être recherchée pour réduire fortement l’éblouissement, limiter la luminosité ou obtenir davantage d’intimité.
À retenir : plus la transmission lumineuse est élevée, plus le vitrage conserve sa luminosité.
01 — Transmission de lumière visible
La réflexion lumineuse correspond à la proportion de lumière visible renvoyée par le vitrage.
Les fiches techniques distinguent généralement :
Réflexion extérieure — influence notamment l’aspect du vitrage vu depuis l’extérieur.
Réflexion intérieure — correspond à la réflexion perceptible depuis l’intérieur.
Une réflexion extérieure importante peut produire un aspect miroir marqué, tandis qu’une faible réflexion permet généralement de conserver un vitrage visuellement plus neutre.
Cette donnée possède donc une importance à la fois fonctionnelle et esthétique.
02 — Réflexion de lumière visible
Lorsque l’énergie solaire rencontre un vitrage, trois phénomènes se produisent.
Une partie de l’énergie est :
transmise à travers le vitrage ;
réfléchie vers l’extérieur ;
absorbée par le système vitrage + film.
Ces trois valeurs permettent de comprendre la manière dont le vitrage traité réagit au rayonnement solaire.
Une forte réflexion peut être intéressante pour limiter les apports solaires, tandis qu’une absorption importante signifie qu’une plus grande partie de l’énergie est absorbée par le vitrage.
Cette absorption doit être prise en considération lors du choix du film, car elle influence la température du verre.
C’est notamment pour cette raison que la compatibilité entre le film et la composition du vitrage doit être vérifiée avant application.
03 — Transmission, réflexion & absorption de l’énergie solaire
L’énergie solaire totale rejetée est l’un des indicateurs les plus intéressants lorsqu’on recherche une protection contre les apports solaires.
Elle exprime la capacité globale du système vitrage + film à limiter l’énergie solaire qui contribue finalement aux apports de chaleur vers l’intérieur.
Un film affichant par exemple 83 % d’énergie solaire totale rejetée offre une protection solaire très importante dans la configuration de vitrage pour laquelle cette valeur a été calculée.
Mais cette donnée doit être correctement interprétée.
83 % d’énergie solaire rejetée ne signifie pas qu’une pièce sera 83 % plus froide, ni que sa consommation de climatisation diminuera automatiquement de 83 %.
La température intérieure dépend également de nombreux autres facteurs : isolation du bâtiment, surface vitrée, orientation, ventilation, température extérieure, équipements ou encore occupation des locaux.
À retenir : plus l’énergie solaire totale rejetée est élevée, plus la protection contre les apports solaires est importante.
04 — Énergie solaire totale rejetée
Le rejet infrarouge, ou rejet IR, mesure la capacité d’un film à rejeter une partie du rayonnement infrarouge sur une plage de longueurs d’onde déterminée.
Les performances peuvent par exemple être indiquées sur une plage de 780 à 2500 nm.
Certains films professionnels atteignent des valeurs supérieures à 90 % de rejet IR.
Cette donnée est intéressante, mais elle ne doit pas être confondue avec l’énergie solaire totale rejetée.
Un rejet IR de 90 % ne signifie pas un rejet de 90 % de toute l’énergie solaire.
Les deux valeurs mesurent des phénomènes différents et doivent être analysées séparément.
05 — Rejet des infrarouges
Le rejet UV indique la proportion de rayonnement ultraviolet bloquée par le système vitrage + film.
Certains films professionnels permettent d’atteindre jusqu’à 99 % de rejet des UV dans les conditions définies par leur fiche technique.
Cette protection contribue à ralentir certains phénomènes de vieillissement et de décoloration des :
mobilier, textiles, revêtements de sol, objets exposés, œuvres et aménagements intérieurs.
Les UV ne constituent cependant pas l’unique cause de décoloration. La lumière visible, la chaleur, la nature du matériau et la durée d’exposition jouent également un rôle. Un rejet UV très élevé constitue donc une protection importante, mais ne rend pas les matériaux totalement insensibles au vieillissement.
06 — Protection contre les UV
La réduction de l’éblouissement traduit la diminution de la gêne provoquée par une luminosité excessive.
Cette caractéristique peut être particulièrement intéressante pour les bureaux équipés d’écrans, hôtels, commerces, restaurants ou grandes surfaces vitrées fortement exposées.
Certains films solaires peuvent atteindre des réductions d’éblouissement supérieures à 80 %.
Une réduction importante de l’éblouissement s’accompagne généralement d’une diminution de la transmission lumineuse.
Le choix consiste donc souvent à rechercher le bon équilibre entre lumière naturelle et confort visuel.
07 — Réduction de l’éblouissement
La valeur g, également appelée facteur solaire, représente la part de l’énergie solaire qui contribue finalement aux apports vers l’intérieur à travers le vitrage.
Elle s’exprime par une valeur comprise entre 0 et 1.
Par exemple :
g = 0,88 → apports solaires importants
g = 0,46 → apports sensiblement réduits
g = 0,17 → forte maîtrise des apports solaires
Plus la valeur g est faible, meilleure est la protection contre les apports solaires.
C’est l’un des indicateurs les plus intéressants pour comparer la performance solaire globale de plusieurs solutions.
08 — Facteur solaire ou valeur g
Le coefficient d’ombrage est un autre indicateur permettant d’évaluer les apports solaires d’un vitrage.
Comme pour la valeur g :
plus le coefficient est faible, plus la protection solaire est importante.
Une valeur de 0,19 correspond ainsi à une protection solaire nettement plus importante qu’une valeur proche de 1.
Cet indicateur reste présent dans certaines documentations techniques, même si la valeur g est aujourd’hui particulièrement utile pour comparer les performances solaires.
09 — Coefficient d’ombrage
Le coefficient U mesure un phénomène différent.
Il représente les transferts thermiques à travers le vitrage lorsqu’il existe une différence de température entre l’intérieur et l’extérieur.
Il s’exprime en :
W/m²·K
Contrairement aux indicateurs de rejet solaire :
plus le coefficient U est faible, meilleure est l’isolation thermique.
À titre d’exemple, un simple vitrage peut présenter une valeur d’environ 5,8 W/m²·K, tandis qu’un double vitrage performant peut descendre aux environs de 1,1 W/m²·K.
Cette distinction est essentielle :
un film offrant une excellente protection solaire n’améliore pas nécessairement l’isolation thermique hivernale du vitrage.
Certains films sont spécifiquement conçus pour agir également sur les échanges thermiques. Il faut donc distinguer contrôle solaire et isolation thermique.
10 — Coefficient U & isolation thermique
L’épaisseur des films est généralement exprimée en micromètres (µm).
Un micromètre représente un millième de millimètre.
Ainsi :
50 µm = 0,050 mm
75 µm = 0,075 mm
100 µm = 0,100 mm
Les films de sécurité peuvent être nettement plus épais que certains films solaires ou décoratifs, leur fonction mécanique étant différente.
L’épaisseur seule ne permet cependant pas de déterminer la qualité ou les performances solaires d’un film.
11 — Épaisseur du film
Un film professionnel pour vitrage est bien plus qu’une simple feuille teintée.
Selon les technologies, sa construction peut associer plusieurs couches :
revêtement de surface anti-rayures ;
polyester de qualité optique ;
couche métallique ou technologie de contrôle du rayonnement ;
adhésifs de liaison ;
couches supplémentaires de polyester ;
adhésif destiné à assurer la liaison avec le verre ;
liner de protection retiré lors de l’installation.
Certaines constructions multicouches permettent ainsi de combiner plusieurs propriétés dans une épaisseur extrêmement faible.
La technologie employée influence directement l’aspect, la transparence, la réflexion, la résistance et les performances énergétiques du film.
12 — Composition & technologie
Certaines études et outils de simulation permettent également d’estimer l’impact potentiel d’un film sur la consommation énergétique d’un bâtiment.
Les résultats peuvent être exprimés en :
kWh/m²/an pour les économies d’énergie ;
kgCO₂e/m² pour l’impact carbone ;
€/m²/an pour les économies financières estimées.
Ces valeurs doivent cependant toujours être replacées dans leur contexte.
Une estimation réalisée pour un bâtiment climatisé dans un climat donné ne peut pas être transposée automatiquement à un autre bâtiment.
Orientation, surface vitrée, climat, chauffage, climatisation, températures de consigne, vitrage existant et occupation peuvent modifier considérablement le résultat.
Ces calculs constituent donc avant tout des outils d’aide à la décision, et non une garantie universelle d’économie.
13 — Performances énergétiques & environnementales
Pour comprendre pourquoi le film affichant le rejet solaire le plus élevé n’est pas systématiquement le meilleur choix, comparons trois technologies professionnelles présentant des philosophies différentes.
Les valeurs suivantes correspondent aux performances annoncées pour les configurations de vitrage définies par le fabricant.
Caractéristique | SILVER 385 XC | STEEL 75 C | SPECTRA 33 C |
Énergie solaire totale rejetée | 83 % | 61 % | 59 % |
Transmission de lumière visible | 14 % | 30 % | 68 % |
Réflexion lumineuse extérieure | 67 % | 25 % | 18 % |
Réflexion solaire | 65 % | 23 % | 27 % |
Absorption solaire | 23 % | 51 % | 36 % |
Transmission solaire | 12 % | 26 % | 37 % |
Réduction de l’éblouissement | 85 % | 67 % | 25 % |
Valeur g | 0,17 | 0,39 | 0,46 |
Rejet UV | 99 % | 99 % | 99 % |
Pose | Extérieure | Intérieure | Intérieure |
Aspect | Argent / miroir | Neutre | Champagne clair |
Épaisseur | 75 µm | 50 µm | 55 µm |
Ces valeurs sont données à titre comparatif. Les performances dépendent notamment du film et de la composition du vitrage.
SILVER 385 XC — priorité à la protection solaire
Avec 83 % d’énergie solaire totale rejetée, une valeur g de 0,17 et une réduction de l’éblouissement de 85 %, cette solution privilégie fortement la maîtrise des apports solaires.
Cette performance s’accompagne d’une transmission lumineuse limitée à 14 % et d’une réflexion extérieure de 67 %.
Le vitrage devient donc nettement plus réfléchissant et laisse entrer beaucoup moins de lumière naturelle.
Cette approche convient particulièrement lorsque la protection solaire constitue la priorité et que l’évolution esthétique du vitrage est acceptée ou recherchée.
STEEL 75 C — rechercher un compromis
Avec 61 % d’énergie solaire totale rejetée, cette solution conserve une protection solaire importante tout en adoptant un comportement visuel plus modéré.
La transmission lumineuse atteint 30 % et la réflexion extérieure 25 %.
Elle illustre une approche intermédiaire recherchant un équilibre entre protection solaire, confort visuel et neutralité esthétique.
SPECTRA 33 C — préserver davantage la lumière
Avec 68 % de transmission lumineuse, cette solution conserve une quantité de lumière naturelle nettement supérieure.
Elle parvient néanmoins à rejeter 59 % de l’énergie solaire totale, avec une réflexion lumineuse extérieure limitée à 18 %.
Elle illustre l’intérêt d’une technologie permettant de rechercher une protection solaire significative tout en conservant davantage de transparence et de neutralité visuelle.
14 — Comparer les performances : trois films, trois approches
Cette comparaison montre qu’il n’existe pas une seule définition du film le plus performant.
Pour une façade fortement exposée au soleil, la priorité peut être donnée au rejet solaire et à la réduction de l’éblouissement.
Pour une vitrine commerciale, un hôtel ou un espace architectural, préserver la lumière naturelle et la neutralité du vitrage peut être tout aussi important.
Dans d’autres situations, l’objectif principal sera plutôt l’isolation thermique, la protection UV, l’intimité ou la sécurité.
Le choix doit donc tenir compte simultanément de :
l’exposition solaire ;
la composition du vitrage ;
la transmission lumineuse souhaitée ;
le rejet solaire ;
l’éblouissement ;
l’esthétique ;
l’intimité ;
les performances thermiques recherchées.
Le meilleur film n’est pas celui qui affiche systématiquement le chiffre le plus élevé. C’est celui qui offre le meilleur équilibre pour le projet.
15 — Comment choisir ?
% — Pourcentage
Exprime la proportion de lumière ou d’énergie transmise, réfléchie, absorbée ou rejetée.
nm — Nanomètre
Unité utilisée pour exprimer les longueurs d’onde du rayonnement. Certaines mesures de rejet infrarouge sont par exemple effectuées entre 780 et 2500 nm.
µm — Micromètre
Un millième de millimètre. Cette unité est notamment utilisée pour indiquer l’épaisseur d’un film.
TLV / VLT — Transmission de lumière visible
Part de la lumière visible traversant le vitrage traité.
Réflexion lumineuse
Part de la lumière visible renvoyée par le vitrage.
Transmission solaire
Part de l’énergie solaire traversant directement le système vitrage + film.
Réflexion solaire
Part de l’énergie solaire renvoyée.
Absorption solaire
Part de l’énergie solaire absorbée par le système vitrage + film.
Énergie solaire totale rejetée
Indicateur de la capacité globale du vitrage traité à limiter les apports solaires vers l’intérieur.
IR — Infrarouge
Partie du rayonnement située au-delà du rouge visible. Le rejet IR ne doit pas être confondu avec le rejet solaire total.
UV — Ultraviolet
Rayonnement invisible participant notamment au vieillissement et à la décoloration de nombreux matériaux.
Valeur g — Facteur solaire
Part de l’énergie solaire contribuant finalement aux apports vers l’intérieur. Plus elle est faible, meilleure est la protection solaire.
Coefficient d’ombrage
Indicateur comparatif des apports solaires. Plus il est faible, plus la protection solaire est importante.
Coefficient U — W/m²·K
Indicateur des transferts thermiques à travers le vitrage. Plus U est faible, meilleure est l’isolation thermique.
Low-E — Faible émissivité
Technologie de vitrage destinée à limiter certains échanges thermiques par rayonnement.
PET — Polyéthylène téréphtalate
Polyester couramment utilisé dans la fabrication des films professionnels pour vitrages.
Hard Coat — Revêtement anti-rayures
Couche superficielle destinée à protéger le film et à faciliter son entretien.
16 — Lexique des termes et unités
Comprendre avant de comparer
Une fiche technique ne doit donc pas être considérée comme une simple succession de pourcentages.
Transmission lumineuse, rejet solaire, infrarouges, UV, facteur solaire et coefficient U mesurent des phénomènes différents.
C’est leur lecture combinée, associée au type de vitrage, à son orientation, à son environnement et au résultat recherché, qui permet de sélectionner une solution cohérente.
RENOCOV s’appuie notamment sur les données techniques de gammes professionnelles telles que celles proposées par Solar Screen pour analyser ces paramètres et sélectionner une solution adaptée au projet.
Comprendre les chiffres permet de ne plus choisir un film sur une promesse, mais sur ses performances réelles.
